Guelma

Publié le 7 Décembre 2014

Guelma

Nous l’avons tant aimée, la terre de nos pères

Et bien souvent pleurée, la montagne là-bas,

Quand nous courions pieds nus, insouciants de l’hiver,

Et que la neige tombait sur notre Mahouna.

Lorsque l’été venait, aux premières moissons,

Nous étions libérés de l’Ecole d’Alembert.

Dans l’oued, nous péchions de tout petits poissons,

Sans crainte du soleil , le chapeau de travers.

Nous courions dans les champs, après les moissonneuses,

Nous montions à plusieurs, un pauvre bourricot.

Les jujubes, les caroubes nous étaient délicieuses ;

Les créponnets glacés coulaient sur nos tricots.

Quand les socs des charrues labouraient notre terre,

Ils réservaient parfois de très grandes surprises,

Quand ils faisaient jaillir des ruines millénaires,

Gravées de mots latins, sur une pierre grise.

Vers la « Fontaine Chaude », nous pédalions l’été,

Sur des vélos bancals qui nous faisaient suer.

A Héliopolis, nous marquions un arrêt

Devant un abreuvoir, pour nous désaltérer.

Au joli moi de mai, de grandes processions

Faisaient le tour de la Place Saint Augustin.

Nous chantions des cantiques et des invocations

Des « ave maria » et des psaumes en latin.

Le soir, nous parcourions le cours Sadi Carnot.

Aux tables des cafés, sous buvions l’anisette,

Et des sirops bien frais car il faisait très chaud ;

Sur les braises, Bourouine rôtissait ses brochettes.

Nous ne la verrons plus notre chère Guelma.

Vers d’autres horizons, la vie nous a chassés.

Nous étions insouciants et nous ne savions pas

Qu’elle nous manquerait tant, un demi siècle après.

Rédigé par Guy Bezzina

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